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ÉTUDE DE CAS #020 Quand ma famille m'attendait derrière une vitre

  • Photo du rédacteur: Sophie Poirier
    Sophie Poirier
  • 17 juin
  • 4 min de lecture

Catégorie

Équilibre de vie, conscience de soi et gestion de l'énergie

Compétences humaines développées

● Conscience de soi

● Gestion des priorités

● Équilibre travail-vie personnelle

● Intelligence émotionnelle

● Mise en place de limites saines

● Réflexion sur ses valeurs

Concepts TRIA Conscience

● Corps

● Émotions

● Énergie

● Sens

Temps de lecture

7 à 10 minutes



Contexte

Dans plusieurs milieux de travail, l'engagement est valorisé.

Les personnes qui travaillent fort, qui s'impliquent davantage et qui acceptent volontiers des responsabilités supplémentaires sont souvent perçues comme des employés exemplaires.

Toutefois, lorsque cet engagement devient excessif, il peut progressivement masquer un déséquilibre plus profond.

Certaines personnes deviennent tellement investies dans leur travail qu'elles finissent par négliger d'autres sphères importantes de leur vie.

Cette étude de cas illustre comment une passion pour le travail peut parfois nous éloigner de ce qui compte réellement.



Situation observée

À cette époque, j'occupais un poste d'adjointe dans un restaurant.

J'étais profondément investie dans mon travail.

Je travaillais souvent entre soixante et soixante-dix heures par semaine.

J'aimais ce que je faisais.

J'aimais apprendre.

J'aimais performer.

J'aimais être présente lorsque l'équipe avait besoin de moi.

Le travail occupait une place centrale dans ma vie.

Le jour de mon anniversaire, je travaillais comme à l'habitude.

Ma gérante connaissait bien mes tendances à prolonger mes journées.

À plusieurs reprises, elle est venue me voir.

Elle m'a rappelé qu'il s'agissait de ma fête.

Elle m'a demandé de quitter à 17 heures.

Elle insistait.

« Sophie, il faut vraiment que tu partes à cinq heures. »

Je lui répondais que oui.

Mais plus la journée avançait, plus le restaurant était occupé.

Comme souvent, je trouvais une raison de rester un peu plus longtemps.

Encore quelques minutes.

Encore quelques tâches.

Encore quelques responsabilités à terminer.



Le dilemme

Dans mon esprit, je faisais preuve de professionnalisme.

Je voulais aider l'équipe.

Je voulais m'assurer que tout soit sous contrôle avant de partir.

Je croyais sincèrement prendre la bonne décision.

Pourtant, sans m'en rendre compte, j'étais en train d'accorder davantage d'importance à mon travail qu'aux personnes qui m'attendaient ailleurs.

Le problème n'était pas un manque d'amour envers ma famille.

Le problème était que je n'avais pas encore appris à mettre des limites à mon engagement professionnel.



L'événement déclencheur

Finalement, plusieurs heures après l'heure prévue, j'ai quitté le restaurant pour rejoindre mon conjoint chez son frère.

À mon arrivée, quelque chose a immédiatement attiré mon attention.

Dans la fenêtre, je pouvais lire :

BONNE FÊTE SOPHIE

Toute ma famille était réunie.

Ils m'attendaient.

Depuis plusieurs heures.

La soirée avait été organisée pour moi.

Ma famille croyait que j'arriverais tôt puisque ma gérante m'avait demandé de quitter à 17 heures.

En voyant ce message dans la fenêtre, j'ai soudainement compris ce qui venait de se produire.

Pendant que je travaillais, des gens que j'aimais m'attendaient.

Ma fête se déroulait sans moi.



L'échange qui a suivi

Certaines personnes étaient déçues.

Mon conjoint était particulièrement contrarié.

Il croyait que ma gérante aurait dû s'assurer que je quitte à l'heure prévue.

Pourtant, avec le recul, je sais aujourd'hui que la responsabilité ne lui appartenait pas.

Elle avait essayé.

Plus d'une fois.

Elle avait insisté.

Elle avait même tenté de me convaincre de partir.

Mais lorsque quelqu'un refuse lui-même de mettre ses limites, il devient difficile pour les autres de les faire respecter à sa place.

Cette soirée m'a offert une prise de conscience que je n'ai jamais oubliée.



Analyse selon le modèle TRIA Conscience


Corps

À cette période de ma vie, mon corps fonctionnait constamment à haute vitesse.

Les longues semaines de travail étaient devenues normales.

Je percevais rarement les signaux de fatigue.

J'étais toujours en mouvement.

Toujours occupée.

Toujours disponible.

Lorsque nous ignorons suffisamment longtemps les messages du corps, nous finissons parfois par perdre de vue nos besoins fondamentaux.


Émotions

À l'époque, je ressentais beaucoup de fierté à être aussi engagée.

Je me sentais utile.

Importante.

Responsable.

Puis, en découvrant ma famille qui m'attendait depuis des heures, d'autres émotions ont émergé.

De la tristesse.

De la culpabilité.

Et surtout une profonde prise de conscience.


Énergie

Toute mon énergie était dirigée vers le travail.

Le problème n'était pas la quantité d'énergie investie.

Le problème était l'absence d'équilibre.

Lorsqu'une seule sphère de vie reçoit toute notre énergie, les autres finissent inévitablement par s'appauvrir.

Sens

Cette expérience m'a amenée à réfléchir à une question importante :

Pour qui travaillais-je autant ?

À quel prix ?

Le travail occupait tellement d'espace que je ne voyais plus toujours ce qui comptait également dans ma vie.

Cette soirée m'a rappelé que la réussite professionnelle perd une partie de sa valeur lorsqu'elle nous éloigne des personnes avec qui nous souhaitons la partager.



Réflexion

Nous vivons dans une société qui valorise souvent la performance, la disponibilité et le dépassement de soi.

Il devient alors facile de confondre engagement et surengagement.

Pourtant, travailler davantage n'est pas toujours synonyme de mieux vivre.

Les limites ne servent pas à diminuer notre contribution.

Elles servent à protéger ce qui est important.

Cette expérience m'a appris qu'il est possible d'aimer profondément son travail tout en préservant une place pour sa vie personnelle.

L'équilibre n'est pas une faiblesse.

C'est une forme de sagesse.



Questions d'approfondissement

● Avez-vous déjà sacrifié un moment important de votre vie personnelle pour le travail ?

● Comment reconnaissez-vous que votre engagement commence à devenir excessif ?

● Quelles limites vous permettent de protéger votre équilibre aujourd'hui ?

● Est-il plus difficile pour vous de dire non aux autres ou à vous-même ?

● Quels moments importants risquez-vous de manquer si vous continuez à fonctionner au même rythme ?



Apprentissage clé

Le travail peut nourrir notre sentiment d'accomplissement.

Mais il ne doit jamais devenir la seule source de notre identité.

Les limites ne nous empêchent pas de réussir.

Elles nous permettent de profiter pleinement des personnes et des moments qui donnent un sens à cette réussite.

Parfois, la vie nous attend silencieusement de l'autre côté d'une porte.

Encore faut-il accepter de quitter le travail pour aller la rejoindre.



TRIA Conscience

Sophistiquée sans être compliquée. ❤️


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