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ÉTUDE DE CAS #022 Quand un skid de chocolat a créé une prise de conscience

  • Photo du rédacteur: Sophie Poirier
    Sophie Poirier
  • 18 juin
  • 4 min de lecture


Catégorie

Leadership, responsabilisation et développement des employés

Compétences humaines développées

  • Leadership conscient

  • Communication d'impact

  • Responsabilisation

  • Jugement

  • Sensibilisation aux conséquences

  • Accompagnement des employés

  • Gestion des comportements

Concepts TRIA Conscience

  • Corps

  • Émotions

  • Énergie

  • Sens

Temps de lecture

7 à 10 minutes



Contexte

Dans plusieurs organisations, certaines règles semblent évidentes pour les gestionnaires, mais beaucoup moins pour les employés.

Il arrive parfois qu'un comportement problématique ne soit pas motivé par la mauvaise intention, mais simplement par une absence de conscience des conséquences.

Cette étude de cas illustre comment une intervention basée sur la prise de conscience peut parfois être plus efficace qu'une sanction immédiate.



Situation observée

À cette époque, nous vendions des barres de chocolat afin de recueillir des fonds pour une œuvre de charité.

Les quantités étaient importantes.

Nous gérions un inventaire de plus de 50 000 barres de chocolat.

Comme dans tout inventaire, de petites variations étaient normales.

Une différence de quelques unités d'une semaine à l'autre ne représentait généralement pas un problème.

Toutefois, pendant plusieurs semaines, les écarts ont commencé à augmenter de façon importante.

Au lieu de quelques unités, il manquait régulièrement entre 40 et 50 barres de chocolat.

Cette situation a rapidement attiré notre attention.

Nous avons commencé à chercher une explication.

Erreur d'inventaire ?

Problème de comptage ?

Vol ?

Nous ne comprenions pas ce qui pouvait expliquer des pertes aussi importantes.

Puis un détail a attiré notre attention.

Dans la cafétéria des employés, de nombreux emballages de chocolat s'accumulaient.

En poursuivant nos observations, nous avons découvert qu'un jeune employé consommait environ sept à huit barres de chocolat par jour.

Le plus surprenant n'était pas la quantité.

C'était le fait qu'il ne semblait pas croire qu'il faisait quelque chose de problématique.

Il ne cachait pas les emballages.

Il n'essayait pas de dissimuler son comportement.

Dans son esprit, puisqu'il avait le droit de manger une barre de chocolat à l'occasion, il semblait croire qu'il pouvait en manger autant qu'il le souhaitait.



Le dilemme

Comment intervenir lorsqu'une personne ne semble pas consciente de l'impact de ses gestes ?

Devions-nous appliquer une mesure disciplinaire ?

Devions-nous simplement lui interdire l'accès aux chocolats ?

Devions-nous chercher à lui faire comprendre les conséquences de son comportement ?

Le véritable enjeu ne semblait pas être la mauvaise foi.

Le véritable enjeu semblait être l'absence de prise de conscience.



L'intervention

Mon ex-conjoint a choisi une approche différente.

Plutôt que de commencer par une sanction, il a décidé de créer une image concrète.

Il a invité le jeune employé à le suivre dans l'entrepôt.

Une fois sur place, il lui a montré un skid complet de boîtes de chocolat.

Puis il lui a dit :

« Si tu continues à manger sept ou huit barres de chocolat par jour, dans un an, c'est à peu près cette quantité-là que tu vas avoir mangée. »

Le jeune est demeuré silencieux.

Pour la première fois, il pouvait visualiser concrètement ce que représentaient ses habitudes quotidiennes.

Mon ex-conjoint a poursuivi en lui expliquant que la situation ne concernait pas uniquement l'inventaire.

Elle concernait aussi sa santé.

Remplacer une grande partie de son alimentation par des barres de chocolat comportait des risques importants.

L'objectif n'était pas de le culpabiliser.

L'objectif était de l'aider à prendre conscience de la réalité de ses choix.



L'échange qui a suivi

Le jeune employé n'était pas particulièrement heureux de la conversation.

Toutefois, il semblait comprendre beaucoup mieux la situation.

Nous lui avons expliqué qu'il pouvait continuer à travailler avec nous.

Cependant, compte tenu de la situation, il perdait temporairement le privilège de consommer les chocolats.

Cette mesure n'était pas présentée comme une punition.

Elle visait à l'aider à modifier une habitude devenue excessive.

Au fil du temps, la situation s'est corrigée.



Analyse selon le modèle TRIA Conscience

Corps

Le corps a des besoins qui dépassent largement le plaisir immédiat.

Dans cette situation, le comportement observé avait un impact potentiel sur la santé physique du jeune employé.

La consommation excessive de chocolat remplaçait progressivement une alimentation plus équilibrée.

Le corps envoyait probablement déjà des signaux que l'employé ne percevait pas encore consciemment.


Émotions

Il est possible que le chocolat représentait plus qu'une simple collation.

Habitude.

Réconfort.

Routine.

Plaisir immédiat.

Peu importe la raison, l'important était de comprendre que les comportements sont souvent liés à des besoins plus profonds que ce que l'on observe en surface.


Énergie

Le sucre procure une énergie rapide.

Mais cette énergie est souvent suivie d'une baisse importante.

À long terme, certaines habitudes peuvent créer davantage de fatigue que de vitalité.

Cette situation illustre l'importance de distinguer les sources d'énergie durables des solutions temporaires.


Sens

L'objectif de l'intervention n'était pas uniquement de protéger l'inventaire.

L'objectif était aussi de protéger une personne.

Cette nuance a influencé l'ensemble de l'approche.

Lorsqu'une intervention est guidée par le désir d'aider plutôt que par le désir de punir, le dialogue devient souvent plus constructif.



Réflexion

Cette expérience m'a rappelé que ce qui semble évident pour un gestionnaire ne l'est pas nécessairement pour un employé.

Nous avons parfois tendance à croire que les conséquences de certains comportements sont visibles pour tous.

Pourtant, plusieurs personnes ne réalisent réellement l'impact de leurs choix que lorsqu'elles peuvent le voir concrètement.

Dans cette situation, une image a créé davantage de prise de conscience qu'un long discours aurait probablement pu le faire.



Questions d'approfondissement

  • Comment auriez-vous réagi dans cette situation ?

  • Une sanction immédiate aurait-elle été plus efficace ?

  • Pourquoi certaines personnes ont-elles de la difficulté à percevoir les conséquences à long terme de leurs comportements ?

  • Comment créer davantage de prises de conscience dans un contexte de gestion ?

  • Avez-vous déjà vécu une situation où une image ou un exemple concret a eu plus d'impact qu'une explication ?



Apprentissage clé

Le leadership ne consiste pas toujours à corriger un comportement.

Il consiste parfois à aider une personne à voir ce qu'elle ne voit pas encore.

Lorsqu'une véritable prise de conscience se produit, le changement devient souvent plus durable que lorsqu'il est imposé.

Parfois, une image bien choisie vaut plus qu'une sanction.



TRIA Conscience

Sophistiquée sans être compliquée.


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